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Emma Le Carrer

Département Sciences pour l'environnement | Promotion 2023

Identification de traceurs clés pour l’évaluation systémique de la pollution de l’eau en zones agricoles

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Université de Rennes, Géosciences Rennes (UMR 6118), équipe Eaux et Territoires.
Dir. Jean-Raynald de Dreuzy - Co-encadrement : Camille Vautier 

Résumé. L’intensification agricole, qui remonte au milieu du XXe siècle, repose sur l’utilisation généralisée d’engrais chimiques et de produits phytosanitaires. Ces pratiques ont engendré la dégradation de la qualité de l’eau dans les régions rurales, qui sont aujourd’hui contaminées par une diversité de polluants : nutriments provenant de la fertilisation tels que l'azote et le phosphore, antibiotiques vétérinaires issus des élevages, ou encore pesticides (dont PFAS) utilisés pour protéger les cultures. La compréhension de cette pollution multiple, impliquant de nombreuses familles de molécules aux origines et propriétés chimiques variées, est un enjeu majeur pour la gestion durable de la ressource en eau. 
L’originalité de l’approche proposée ici réside dans la manière d’aborder la multiplicité de la pollution : alors que les approches classiques sont focalisées sur une catégorie de polluants, voire une molécule spécifique, ce projet de thèse vise à caractériser de façon globale les pollutions dans les bassins versants agricoles. L’objectif est de décloisonner la vision de la pollution pour proposer des méthodes de caractérisation et de gestion intégrées de l’ensemble des polluants d’origine agricole.
La thèse permettra d’identifier des molécules clés dont le suivi fournira une image globale de la pollution dans les bassins versants. Pour cela, une large gamme de polluants sera mesurée dans l’aquifère, les cours d’eau et le sol de trois bassins versants pilotes. Leur transport et leur réactivité seront caractérisés à l’aide d’un modèle hydrogéologique et des « comportements types » seront identifiés. Les différents polluants seront regroupés par « comportement type » et des molécules représentatives de chacun de ces comportements seront identifiées. Ces molécules pourront ainsi servir de traceurs pour caractériser l’empreinte chimique d’autres bassins versants.
La finalité de la thèse sera de proposer une stratégie de suivi des pollutions de l’eau basée sur la mesure d’un nombre réduit de molécules, et donc applicable à grande échelle. Une perspective d’utilisation des résultats sera le développement d’un indice de qualité de l’eau destiné aux acteurs du territoire, permettant de caractériser les pollutions à l’échelle des bassins versants.

Motivation

« Originaire du centre de la Bretagne, une région où l’agriculture est fortement implantée, j’ai très tôt été sensible aux enjeux environnementaux associés aux activités agricoles. 
Au cours de mon parcours universitaire, mes spécialisations ainsi que mes expériences m’ont permis d’approfondir ce sujet sous différents angles. Mon implication dans un projet d’initiation à la recherche à l’École normale supérieure de Rennes, portant sur la pollution agricole au sein du bassin versant du Scorff, a renforcé mon intérêt pour ce sujet et m’a permis de mieux comprendre les défis scientifiques qu’il soulève. C’est également au cours de mon stage de deuxième année de master, effectué au sein du laboratoire Géosciences de l’Université de Rennes, que j’ai pris conscience de l’ampleur de cette problématique.
Ma motivation principale pour ce projet de thèse est la possibilité de contribuer à l’avancement des connaissances sur cette pollution multiple, largement répandue et aux conséquences majeures sur l’environnement, la santé humaine et l’économie. Ce projet m’intéresse également par l’originalité de sa méthode, fondée sur une vision globale et décloisonnée des polluants agricoles, que je trouve très intéressante et prometteuse. Enfin, l’opportunité de devenir enseignante-chercheuse, un métier qui m’attire depuis mes premiers pas à l’université, est une autre raison pour laquelle ce projet me tient à cœur.»

Parcours

« Après une licence en Sciences de la Terre et de l’Environnement à l’université de Rennes, dont une année passée à l’université de Lund en Suède dans le cadre d’un Erasmus, j’ai intégré en parallèle du master Sciences de l’eau à Rennes, le département Sciences pour l’environnement de l’ENS Rennes.
Au cours de ces deux années de master, j’ai suivi une formation pluridisciplinaire complète, qui m’a permis de me familiariser avec le milieu de la recherche tout en développant des compétences fondamentales telles que la rigueur, l’esprit critique, l’autonomie et le travail en équipe. En particulier, la formation PhD Track Transition Environnementale à l’ENS Rennes m’a offert l’opportunité de m’impliquer dans un projet de recherche interdisciplinaire tout en approfondissant la thématique des pollutions agricoles. Ce sont aussi les deux stages que j’ai réalisés dans des laboratoires de recherche universitaire qui ont renforcé mon attrait pour le monde de la recherche scientifique et les problématiques environnementales. Ces expériences m’ont motivée et m’ont également fourni les bases nécessaires pour poursuivre en thèse sur cette problématique.»


Thématique(s)
Débouchés, Recherche - Valorisation

Mise à jour le 21 août 2026